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Nous ne sommes pas égaux face au stress. Il fait ressortir nos tendances naturelles. Ainsi, certains se sont rués sur le papier de toilettes et les pâtes, d’autres, comme moi, se sont rués sur leur stock de graines. Pour semer, cultiver et nourrir. Si cela m’a fait sourire au début, j’ai vite compris que plus je creusais, plus cela correspondait à ce que je suis.

En même temps, J’ai ressenti un besoin très fort de contribuer et d’apporter mon aide, alors j’ai proposé de partager ce qui me semble de plus important pour rester en bonne santé, à savoir cultiver la relation avec Soi et l’univers. Cultiver cet état d’union qui s’appelle en sanskrit, le Yoga.

Cultiver le silence

Alors, j’ai offert un moment quotidien pour cultiver le silence, ensemble, en direct, sur les réseaux sociaux. Rien que d’écrire cette phrase me fait sourire tant cela semble paradoxal. Ces réseaux sont ce qu’il y a de plus bruyant, anti-social, stigmatisant, déprimant, moralisateur, paranoïaque. Nous laissons doucement nos vies être gérées par des algorithmes dont nous ignorons tout. Nous les invitons dans nos maisons à travers des objets connectés pour leur laisser les commandes au sens propre comme figuré.

Cultiver le bon sens, non l’illusion

Les films Bienvenue à Gattaca ou 1984 sont de gentilles fictions à côté de ce que nous vivons, car nous nourrissons ce système par nous-même et de bon cœur.. A coup de jeux et de défis. Le jeu, l’opium du peuple, lol. Que dire de tous ces challenges et autres tests cyniquement insignifiants. Qui nourrissent les algorithmes qui décident ce que vous penserez savoir dans 10 ans. Et qui vous donne une version de la réalité : la leur.

J’ai fui la surinformation et ses consœurs la désinformations, la manipulation et autres dérives plus ou moins paranoïaques en cultivant mon jardin. Plus exactement, en cultivant MES jardins. Le jardin physique et mon jardin intérieur.

En désherbant le premier, je me pouvais que faire le parallèle avec toutes les pensées et informations négatives émises autour de moi. Avec les bons outils, creuser profond pour enlever toute la racine afin d’ éviter que la mauvaise herbe ne repousse.

Tout comme la pratique de la méditation, cela requiert de la discipline. Entretenir le jardin, c’est enlever la mauvaise herbe avant qu’elle n’ait le temps de grandir. Faire pareil avec les émotions négatives. Non pas en les rejetant, en validant leur présence et la raison de la leur présence avant de les laisser s’évanouir. Et si elles ne s’en vont pas d’elle-même, il suffit de cultiver l’émotion inverse de manière volontaire.

Ainsi désherber le jardin est très semblable à la méditation et cultive ce sentiment d’unicité. Certaines mauvaises herbes sont des pensées, d’autres le poids des émotions négatives des gens qui vous ont fait subir leur mauvaise humeur, leur manque de respect, leurs peurs et angoisse, leur déprime. Parfois même ce sont des relations avec des personnes qui n’ont plus lieu d’être tant elles sont en décalage avec ce que vous êtes devenu aujourd’hui et avec ce que vous acceptez dans votre vie. Ou ce que vous souhaitez y voir grandir.

 

Cultiver la gratitude

Une fois le travail terminé, admirer la beauté du lieu en toute humilité sachant qu’il faudra recommencer demain Sachant que vous n’êtes pas à l’origine de cette beauté, mais que vous faites partie de son tout. De là naît la gratitude. La gratitude pour les aïeux et pour ceux qui vous permettent d’être là dans ce jardin. La gratitude envers la beauté de la rose. La gratitude envers la terre et tout son microcosme. La gratitude pour cet équilibre … même fragile et dans un monde qu’on souhaite meilleur.

 

Intégrer

Un des mots sur lequel j’insiste le plus dans mon enseignement, c’est le verbe incorporer.
On peut garder des concepts, savoir comment faire une posture de yoga, connaître son nom en sanskrit et dans cinq autres langues, ou savoir que l’on faire partie d’un tout plus grand que soi, mais ressentir et tout à fait autre chose. Tant que l’on a pas expérimenté, ressenti ce tout ou cette posture, nous ne pouvons pas prétendre en avoir la connaissance. Mais juste acquis un concept mental de plus en restant à la surface du concept. Il faut alors creuser plus profond si je peux dire.

Nourrir

Cultiver, c’est se concentrer sur ce qui nous nourrit. Pas uniquement au niveau de notre estomac, mais également ce qui nourrit nos sens. la beauté d’une fleur, son parfum. Ce qui nous relie à elle. C’est cultiver le respect de la nature, cet équilibre si fragile. De la beauté d’une fleur naît l’amour et le respect pour un monde, celui qui accueille la fleur.

Aimer le monde donne envie de cultiver plus de belles fleurs pour transmettre l’envie de cultiver de belles fleurs à d’autres. Rapidement, le monde devient fleuri, coloré, plus joyeux, plus vivant, plus beau.

Cultiver serait altruiste ?

Forcément. Cultiver, c’est partager. C’est offrir aux suivants une terre plus belle et se fondre dans celle-ci. C’est notre lègue le plus précieux. Nos propres cendres sont un bon engrais (à condition d’avoir mangé bio et pas pris trop de médicaments ;-)) . Accepter que nous faisons partie de cycles à l’image des saisons. Et que la mort d’une feuille nourrit le sol pour que l’arbre puisse repousser avec plus de vigueur au printemps prochain.

Cultiver, c’est enrichir

Enrichir la terre, lui apporter ce dont elle a besoin et uniquement cela. La terre fait avec qui est là, sans superflu. Elle utilise la moindre surface. Elle s’adapte, elle essaie en tout cas. La nature a horreur du vide, mais trouve toujours son équilibre naturel. Nous avons tant à apprendre.

Cultiver, c’est respecter l’équilibre

Repérer les mauvaises herbes avant qu’elles ne soient envahissantes et ne prennent trop de place dans le jardin comme dans vos vies. Ce que l’on appelle mauvaise herbe est parfois une plante qui soigne divers symptômes, mais elle va pousser au détriment de vos framboisiers ou de vos salades. Ce n’est pas la nature de l’herbe qui est mauvaise, mais plutôt qu’elle pousse au mauvais endroit au mauvais moment. L’important, c’est de respecter l’équilibre du microcosme où chacun a son rôle, sa place.

Inspirer l’économie

Néanmoins, s’il y a trop de parasites, la nature meurt. Notre économie devrait garder cela à l’esprit. Tout ces sociétés, ces spéculateurs qui ne contribuent en rien à cultiver le monde, mais qui l’exploite pour cumuler des zéros sur des comptes virtuels. Toute l’économie enrichit vingt familles dans le monde.. N’est-ce pas absurde ? Nous nous enrichissons de notre propre mal-être. Mais que peut donc espérer une société où ce qui génère le plus d’argent est la maladie, la peur de la solitude et de la mort? Trop de parasites aggravent ce déséquilibre. Revenons à l’essentiel, au bon sens pour créer plus de valeur.

Qui suis-je?

L’après

Oublier cette notion d’après … car l‘après commence maintenant. Là tout de suite. L’après sera trop tard. L’après appartient en fait déjà au passé. Penser l’après, c’est bien, mais en réalité, c’est ce que vous avez fait il y a cinq ou dix ans qui aura déterminé si vous avez massivement stocké du papier de toilette, appelé vos proches ou semé des graines. Car toute chose importante prend du temps comme dans la nature. Le temps qu’un arbre prend pour pousser. Encore faut-il le planter maintenant pour pouvoir s’asseoir dessous dans quelques décennies. Le planter de toute façon, car il y aura bien quelqu’un qui sera heureux de profiter son ombre ou de ses fruits, même si ce n’est pas vous.

Et maintenant, qu’allez-vous semer?